Visiter Nagasaki

Un port enserré de collines où se croisent l'ancien comptoir hollandais de Dejima, des temples chinois, des églises de chrétiens longtemps cachés et la mémoire du bombardement atomique : Nagasaki est la ville la plus cosmopolite de l'histoire japonaise, et l'une des plus émouvantes. Deux à trois jours permettent d'en saisir toutes les facettes.

Pourquoi aller à Nagasaki ?

Pendant plus de deux siècles d'isolement du Japon, Nagasaki fut le seul port où commerçaient Hollandais et Chinois, ce qui lui a laissé un patrimoine unique dans le pays. La ville a été frappée par la bombe atomique le 9 août 1945 et son parc de la Paix est un lieu de mémoire majeur. Plusieurs de ses sites sont inscrits à l'UNESCO, dont l'île de Hashima et l'église d'Oura.

Les incontournables de Nagasaki

Lieux de mémoire, vestiges des échanges avec l'Europe et la Chine, panoramas et une île fantôme au large.

Musée de la Bombe atomique

Objets, photographies et témoignages des survivants retracent le bombardement du 9 août 1945 et ses conséquences, avec une partie consacrée au désarmement nucléaire.

Parc de la Paix

Jardin dominé par une statue monumentale, bras droit pointé vers le ciel, où se tient chaque 9 août la cérémonie commémorative en présence des autorités.

Comptoir de Dejima

Ancien îlot du commerce hollandais, unique point de contact du Japon avec l'Occident pendant plus de deux siècles, dont les bâtiments ont été reconstitués.

Glover Garden

Jardin en terrasses sur la colline de Minamiyamate, réunissant les maisons de marchands occidentaux du XIXe siècle et une vue large sur le port.

Église d'Oura

Église gothique de bois et de pierre consacrée en 1865, trésor national, liée à la découverte des chrétiens cachés et inscrite à l'UNESCO.

Île de Gunkanjima

Silhouette de cuirassé formée d'immeubles en béton abandonnés depuis 1974, ancienne cité minière accessible uniquement en croisière organisée et par mer calme.

Temple Sofuku-ji

Temple zen fondé par des Chinois au XVIIe siècle, au portail vermillon de style Ming, rare exemple de cette architecture préservé au Japon.

Pont Meganebashi

Pont de pierre à double arche datant de 1634, dont le reflet dans la rivière Nakashima dessine une paire de lunettes.

Panorama du mont Inasa

Sommet à 333 mètres accessible en téléphérique, d'où l'on embrasse la baie, les collines et, la nuit, toute la ville illuminée.

Monument des 26 martyrs

Mur de bronze à flanc de colline près de la gare, en mémoire des chrétiens crucifiés à cet endroit en 1597 sur ordre de Toyotomi Hideyoshi.

Que découvrir à Nagasaki, quartier par quartier ?

Urakami, le quartier de la mémoire

Au nord du centre, la vallée d'Urakami se trouvait sous l'explosion du 9 août 1945, à 11 h 02. Le musée de la Bombe atomique, l'hypocentre marqué par un monolithe noir et le parc de la Paix, avec sa statue monumentale, se visitent à pied dans un rayon de 500 mètres. Comptez une demi-journée, musée compris, qui demande au moins 1 h 30. La cathédrale d'Urakami, reconstruite après sa destruction, conserve à côté de l'entrée des fragments de l'ancienne façade et des statues brûlées. Le tramway ligne 1 dessert le quartier depuis la gare en une dizaine de minutes.

Dejima et le port historique

L'îlot artificiel de Dejima, en éventail, accueillit le comptoir de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales de 1641 à 1859 : c'était alors la seule fenêtre du Japon sur l'Occident. La ville en a reconstruit une partie des entrepôts, logements et bureaux, qui se visitent en une à deux heures. Le site est aujourd'hui entouré de terre-pleins, à quelques minutes du front de mer réaménagé de Dejima Wharf, où l'on dîne face aux bateaux. Venez en fin de journée pour enchaîner la visite et le port éclairé.

Minamiyamate et la colline des étrangers

Après l'ouverture du port en 1859, les marchands occidentaux s'installèrent sur la colline de Minamiyamate, au sud. On y monte par l'Oranda-zaka, la pente des Hollandais, bordée de maisons en bois, ou par des escalators et ascenseurs publics du Glover Garden. Le jardin regroupe les demeures de négociants du XIXe siècle, dont celle de Thomas Glover, inscrite à l'UNESCO. L'église d'Oura, au pied du jardin, est trésor national. Prévoyez trois heures pour l'ensemble, plus en cas de chaleur : les pentes sont rudes en été.

Shinchi, Teramachi et l'héritage chinois

Le Chinatown de Shinchi, petit quadrilatère fermé par quatre portes, est le meilleur endroit pour goûter le champon, soupe de nouilles née à Nagasaki, et le sara udon, nouilles croustillantes. À dix minutes à pied, la rue des temples de Teramachi aligne des sanctuaires bouddhistes, dont Sofuku-ji, bâti au XVIIe siècle par des Chinois du Fujian dans le style Ming. Le pont de pierre Meganebashi, de 1634, enjambe la rivière Nakashima juste à côté. Ce quartier se parcourt en une demi-journée, idéalement en remontant la rivière depuis Shinchi.

Le mont Inasa et les vues nocturnes

De l'autre côté de la baie, le mont Inasa culmine à 333 mètres et offre un panorama complet sur le port en amphithéâtre. Un téléphérique y monte depuis le pied de la colline, accessible en bus depuis la gare en une quinzaine de minutes. Montez une heure avant le coucher du soleil pour voir la ville passer du jour à la nuit : la vue nocturne de Nagasaki figure parmi les plus réputées du Japon. Vérifiez les horaires du téléphérique, qui ferme pour maintenance quelques jours par an.

Hashima et les îles au large

À une quinzaine de kilomètres au sud-ouest, l'île de Hashima, surnommée Gunkanjima, fut une mine de charbon sous-marine et l'une des zones les plus densément peuplées au monde avant sa fermeture en 1974. Plusieurs compagnies proposent des croisières d'environ trois heures depuis le port, avec débarquement sur une passerelle sécurisée. Le débarquement dépend de la houle et il est annulé assez souvent en hiver et pendant la saison des typhons, de juillet à septembre. Réservez une date en début de séjour pour garder une marge de report.

Combien de jours et comment arriver

Deux jours pleins couvrent Urakami, Dejima, Minamiyamate, Shinchi et le mont Inasa ; un troisième ajoute Hashima ou une excursion à Unzen. Depuis Fukuoka, le train express jusqu'à Takeo-Onsen puis le shinkansen Nishi-Kyushu ouvert en 2022 mettent environ 1 h 30. Depuis Osaka, comptez autour de quatre heures en shinkansen avec changements, et depuis Tokyo, l'avion jusqu'à l'aéroport de Nagasaki, bâti sur une île de la baie d'Omura, reste le plus rapide. Nagasaki complète bien un circuit du sud du Japon par Kyushu.

Questions fréquentes sur Nagasaki

Combien de temps faut-il pour le musée de la Bombe atomique de Nagasaki ?
Comptez 1 h 30 à 2 heures pour lire les panneaux et écouter les témoignages, puis une heure de plus pour l'hypocentre et le parc de la Paix, tout proches. Certaines salles montrent des images difficiles : prévenez les enfants et prévoyez un moment calme après la visite.
Le débarquement sur Gunkanjima est-il garanti ?
Non. Le bateau peut sortir et faire le tour de l'île sans pouvoir accoster si la houle est trop forte. Les annulations sont plus fréquentes en hiver et pendant les typhons. Les compagnies remboursent en partie ou proposent un report, d'où l'intérêt de réserver tôt dans le séjour.
Faut-il choisir entre Nagasaki et Hiroshima ?
Les deux villes se complètent plus qu'elles ne se répètent. Hiroshima s'organise autour du Dôme et de l'île de Miyajima, Nagasaki ajoute le patrimoine hollandais, chinois et chrétien. Si vous ne passez pas par Kyushu, Hiroshima est plus accessible ; si vous visitez Kyushu, Nagasaki s'impose.
Le JR Pass couvre-t-il le shinkansen Nishi-Kyushu vers Nagasaki ?
Oui, le Japan Rail Pass national et le JR Kyushu Pass couvrent le train relais depuis Fukuoka et le shinkansen Nishi-Kyushu entre Takeo-Onsen et Nagasaki. Les conditions des pass évoluent régulièrement : vérifiez sur le site de JR avant d'acheter.
À quelle heure monter au mont Inasa pour la vue de nuit ?
Arrivez au sommet environ une heure avant le coucher du soleil pour profiter de la vue de jour, du crépuscule puis des lumières. En été cela signifie vers 18 h, en hiver vers 16 h. Le dernier téléphérique redescend en général vers 22 h.
Où manger le meilleur champon à Nagasaki ?
Shinchi Chinatown concentre de nombreux restaurants de champon, mais la maison qui revendique l'invention du plat, à la fin du XIXe siècle, se trouve près de Glover Garden. Évitez l'heure de pointe de midi, les files sont longues le week-end.
Peut-on visiter des sites des chrétiens cachés depuis Nagasaki ?
Oui. L'église d'Oura est en ville, et les autres sites inscrits à l'UNESCO en 2018 se trouvent dans la région, notamment sur la péninsule de Sotome et dans les îles Goto, accessibles en ferry depuis le port. Comptez une journée complète pour Sotome, plus pour les Goto.
Le festival des lanternes de Nagasaki vaut-il un voyage en hiver ?
Si vos dates coïncident avec le Nouvel An chinois, oui : la ville se pare de lanternes pendant environ deux semaines, avec défilés et spectacles. Les températures restent fraîches mais rarement sous zéro. Les dates changent chaque année selon le calendrier lunaire.
Quelle excursion faire depuis Nagasaki en une journée ?
Unzen, à environ deux heures en bus, offre des sources chaudes volcaniques et des randonnées autour du mont Fugen. Shimabara ajoute un château et des canaux. Huis Ten Bosch, parc à thème hollandais près de Sasebo, se rejoint en environ 1 h 30 de train.

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