Visiter Nara

Un Bouddha de bronze de quinze mètres dans un immense pavillon de bois, des daims qui saluent pour un biscuit, des allées de lanternes moussues sous les cèdres : Nara concentre l'essentiel dans un parc qui se traverse à pied. Une journée suffit pour le cœur, une nuit sur place pour en profiter sans la foule.

Pourquoi visiter Nara plutôt que Kyoto seulement ?

Nara fut la capitale du Japon de 710 à 784, avant Kyoto, et ses monuments sont plus anciens que ceux de sa voisine. Huit sites forment ensemble les monuments historiques de l'ancienne Nara, inscrits à l'UNESCO en 1998, et la plupart se trouvent à distance de marche les uns des autres. La ville, d'environ 350 000 habitants, se visite au calme dès que les excursionnistes repartent.

Les incontournables de Nara

Temples fondateurs, sanctuaire shinto et daims en liberté, presque tous réunis dans le grand parc à l'est de la ville.

Tōdai-ji et son Grand Bouddha

Le Daibutsu de bronze, haut d'environ 15 mètres, trône dans le Daibutsuden, reconstruit en 1709 et longtemps plus grand bâtiment de bois au monde. Passez par la porte Nandaimon.

Kasuga Taisha

Sanctuaire shinto fondé en 768, aux colonnes vermillon et aux quelque 3 000 lanternes de pierre et de bronze offertes par des fidèles au fil des siècles.

Kōfuku-ji

Ancien temple de la puissante famille Fujiwara. Sa salle des trésors nationaux abrite la célèbre statue d'Ashura à trois visages et six bras, du VIIIe siècle.

Les daims sacrés

Plus d'un millier de daims vivent en liberté dans le parc, considérés comme messagers des dieux et protégés comme monument naturel. Certains s'inclinent pour réclamer un biscuit.

Nigatsu-dō

Pavillon du Tōdai-ji perché sur la colline, avec une terrasse en bois ouverte en permanence et gratuite. La vue sur les toits de Nara au coucher du soleil est superbe.

Jardin Isuien

Jardin de l'ère Meiji qui emprunte en arrière-plan la porte du Tōdai-ji et les collines. Un salon de thé permet d'y goûter un matcha face à l'étang.

Hōryū-ji

Temple fondé au début du VIIe siècle, dont la pagode à cinq étages et le pavillon d'or comptent parmi les plus anciens édifices en bois conservés au monde.

Tōshōdai-ji

Temple fondé en 759 par Ganjin, moine chinois arrivé aveugle après plusieurs traversées manquées. Son pavillon principal est un rare exemple d'architecture du VIIIe siècle.

Mont Wakakusa

Colline herbeuse de 342 mètres à l'est du parc, ouverte du printemps à l'automne. Une heure de montée pour un panorama sur tout le bassin de Nara.

Que découvrir à Nara, secteur par secteur ?

Le parc de Nara et les collines de l'Est

Le parc de Nara s'étend sur environ 4 km d'ouest en est, de la gare Kintetsu-Nara jusqu'au pied du mont Wakakusa. Il relie le Kōfuku-ji, le Musée national, le Tōdai-ji et le Kasuga Taisha, dont la forêt primaire, protégée depuis des siècles, monte vers le mont Kasuga. Comptez une journée complète pour le parcourir sans courir. Entrez par l'est vers 8 h, quand les temples ouvrent et que les daims sont encore calmes : les cars arrivent surtout entre 10 h et 15 h.

Naramachi, la vieille ville marchande

Au sud de l'étang Sarusawa, Naramachi occupe une partie de l'ancien enclos du temple Gangō-ji. Ses ruelles alignent des machiya, maisons de marchands en bois à façade étroite et profondes, aujourd'hui transformées en cafés, boutiques d'artisanat et petites maisons d'hôtes. Certaines se visitent gratuitement, comme la maison Koshi-no-ie. Prévoyez deux heures en fin d'après-midi, quand le parc se vide, et goûtez le kakinoha-zushi, sushi enveloppé dans une feuille de kaki, spécialité de la région. C'est le quartier le plus agréable pour dormir.

Le palais Heijō et Nishinokyō

À l'ouest du centre, le site du palais Heijō conserve sur plus d'un kilomètre de long l'emplacement de la cour impériale du VIIIe siècle. La porte Suzaku et la salle Daigokuden y ont été reconstituées, l'accès est gratuit. Un peu plus au sud, le quartier de Nishinokyō regroupe le Yakushi-ji et ses pagodes, et le Tōshōdai-ji, fondé par le moine chinois Ganjin. Comptez une demi-journée en bus ou en train Kintetsu : ce secteur reçoit une fraction des visiteurs du parc.

Ikaruga et le sud du bassin de Nara

À une douzaine de minutes de train JR au sud-ouest de la gare de Nara, puis vingt minutes de marche ou un court trajet en bus, Ikaruga abrite le Hōryū-ji, fondé au début du VIIe siècle par le prince Shōtoku. Ses bâtiments comptent parmi les plus anciennes constructions en bois au monde. Prévoyez trois heures sur place pour le temple et son voisin, le Chūgū-ji. Plus loin au sud, Asuka et ses tumulus ou Yoshino et ses cerisiers demandent chacun une journée entière.

Les fêtes qui rythment l'année

Nara vit au rythme de grands rituels. Fin janvier, le Wakakusa Yamayaki embrase la pente du mont Wakakusa un samedi soir. Du 1er au 14 mars, l'Omizutori du Nigatsu-dō fait courir des torches géantes sur la galerie du temple. Le Kasuga Taisha allume toutes ses lanternes début février et à la mi-août lors des Mantōrō. De fin octobre à mi-novembre, le Musée national expose une sélection des trésors du Shōsōin, et les files d'attente dépassent souvent une heure. Pour une première visite, visez les érables de novembre ou les cerisiers de début avril.

Questions fréquentes sur Nara

Les daims de Nara sont-ils dangereux ?
Ils sont habitués à l'homme mais restent sauvages. Les morsures légères et les coups de tête sont fréquents quand on agite des biscuits, surtout en automne à la saison du rut. Montrez vos mains vides pour qu'ils se désintéressent, et surveillez les jeunes enfants.
Une journée depuis Kyoto suffit-elle pour voir Nara ?
Pour le Tōdai-ji, le Kasuga Taisha, le Kōfuku-ji et le parc, oui, en partant avant 8 h. Ajouter le Hōryū-ji ou Nishinokyō impose une deuxième journée. Dormir une nuit à Naramachi permet de voir le parc au petit matin, presque vide.
Peut-on passer à travers le pilier du Tōdai-ji ?
Un pilier du Daibutsuden est percé d'un trou de la taille d'une narine du Bouddha : y passer porterait chance. Les enfants s'y glissent facilement, les adultes minces aussi, mais d'autres restent coincés aux épaules. Comptez parfois une longue file aux heures de pointe.
Quand voir toutes les lanternes du Kasuga Taisha allumées ?
Lors des deux Mantōrō annuels : le jour de Setsubun, début février, et les 14 et 15 août au soir. Le reste de l'année, les lanternes restent éteintes, mais une salle du sanctuaire en montre une partie illuminée dans l'obscurité.
Pourquoi la pagode du Kōfuku-ji est-elle sous un échafaudage ?
La pagode à cinq étages, d'environ 50 mètres, fait l'objet d'une grande restauration de sa toiture lancée en 2023, prévue pour durer plusieurs années. Elle est masquée par une structure de protection : le reste du temple et la salle des trésors restent ouverts.
Faut-il un train Kintetsu ou JR depuis Osaka pour Nara ?
Le Kintetsu depuis Namba arrive en bordure du parc et convient à la plupart des visiteurs. La ligne JR, couverte par le Japan Rail Pass, part de la gare d'Osaka ou de Tennōji et dessert aussi Hōryū-ji : pratique si vous combinez les deux.
Nara se fait-elle dans la journée depuis Tokyo ?
C'est possible mais épuisant : environ 2 h 15 de shinkansen jusqu'à Kyoto, puis 45 minutes de train, soit près de six heures de trajet aller-retour depuis Tokyo. Mieux vaut l'intégrer à un séjour basé à Kyoto ou Osaka.

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