Visiter San Juan

Cinq siècles de remparts espagnols, des maisons couleur pastel sur des pavés bleutés, puis, à quelques kilomètres, les tours de Condado, les fresques de Santurce et les nuits de salsa. San Juan est la plus ancienne ville sous drapeau américain, et elle parle d'abord espagnol.

Faut-il un passeport et un ESTA pour aller à San Juan ?

Oui. Porto Rico est un territoire des États-Unis depuis 1898 et applique les mêmes règles d'entrée : un Français voyage sans visa pour 90 jours au plus, avec un passeport électronique ou biométrique et une autorisation ESTA demandée sur esta.cbp.dhs.gov au moins 72 heures avant le départ. La monnaie est le dollar américain.

Huit lieux qui racontent San Juan

Des remparts du XVIe siècle aux fresques de Santurce, les adresses qui font comprendre la ville au-delà de la plage.

Castillo San Felipe del Morro

Citadelle à six niveaux commencée en 1539 à l'entrée de la baie, avec phare, batteries et esplanade herbeuse prisée des cerfs-volants.

Castillo San Cristóbal

Le fort qui défendait la ville côté terre, avec ses tunnels, ses fossés et ses guérites suspendues au-dessus de l'Atlantique.

La Fortaleza

Résidence des gouverneurs depuis le XVIe siècle, l'une des plus anciennes du continent encore en usage, au bout de la Calle Fortaleza.

Cathédrale de San Juan Bautista

Église coloniale aux murs clairs où repose Juan Ponce de León, premier gouverneur de l'île, au cœur de la vieille ville.

Paseo de la Princesa

Promenade arborée au pied des remparts jusqu'à la fontaine Raíces, idéale au coucher du soleil avec une piragua.

Cimetière Santa María Magdalena de Pazzis

Cimetière marin aux tombes blanches et chapelle à coupole, coincé entre les murailles d'El Morro et l'océan.

La Placita de Santurce

Marché couvert le jour, place la plus festive de la ville le soir, entourée de bars où l'on danse en plein air.

Fresques de la Calle Cerra

Rue de Santurce devenue galerie à ciel ouvert grâce aux artistes portoricains et internationaux du festival Santurce es Ley.

San Juan en sept escales

Une ville des Caraïbes pas comme les autres

Fondée par les Espagnols en 1521 sur un îlot qui ferme une grande baie, San Juan a servi pendant près de quatre siècles de verrou militaire à l'empire. Cédée aux États-Unis en 1898, elle est restée profondément hispanique : on y parle espagnol au quotidien, on y danse la salsa et on y mange de la banane plantain. Cette double identité se lit partout, des boîtes aux lettres de l'US Postal Service accrochées aux façades coloniales aux drapeaux portoricains qui flottent plus souvent que la bannière étoilée. Pour un voyageur français, c'est l'Amérique des formalités, sans l'Amérique des habitudes.

Le Vieux San Juan, pavé par pavé

La ville historique tient sur la pointe ouest de l'îlot et se parcourt à pied, en montées et descentes. Les adoquines, ces pavés aux reflets bleus, seraient selon la tradition locale arrivés comme lest dans les cales des navires. Ils mènent de la cathédrale de San Juan Bautista, où repose Juan Ponce de León, à la petite Capilla del Cristo perchée au bout de sa rue, puis à la Calle Fortaleza et à ses parapluies suspendus. Le matin tôt, avant l'arrivée des passagers de croisière, les façades jaune, turquoise ou framboise se photographient sans personne devant.

El Morro et San Cristóbal, la ceinture de pierre

Les fortifications forment avec La Fortaleza, résidence des gouverneurs depuis le XVIe siècle, un site inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco en 1983. El Morro, commencé en 1539, garde l'entrée de la baie depuis six niveaux de batteries ; sa vaste esplanade herbeuse se couvre de cerfs-volants le week-end. San Cristóbal, à l'autre bout de la ville, protégeait l'accès par la terre avec ses tunnels et ses guérites. Un seul billet de 10 dollars, valable 24 heures et payable uniquement par carte, ouvre les deux forts. Entre eux, le Paseo del Morro longe le pied des remparts au ras de l'eau.

Du Paseo de la Princesa aux plages de Condado et Isla Verde

Au sud des remparts, le Paseo de la Princesa, promenade du XIXe siècle bordée d'arbres et de stands, mène à la fontaine Raíces face à la baie : c'est là qu'on achète une piragua, glace pilée nappée de sirop de tamarin ou de coco, au coucher du soleil. Vers l'est, la ville change d'échelle. Condado aligne ses hôtels sur l'avenue Ashford entre océan et lagune, où l'on pratique le paddle au calme. Plus loin, Ocean Park attire les habitants et Isla Verde, près de l'aéroport, déroule sa longue plage de sable clair. Sur cette côte nord, respectez les drapeaux : les courants peuvent être forts.

Santurce, le quartier qui crée

Entre Condado et le centre d'affaires, Santurce est le San Juan des Portoricains. Les murs de la Calle Cerra et des rues voisines se sont couverts de fresques géantes au fil des éditions du festival Santurce es Ley, et le Museo de Arte de Puerto Rico y présente la peinture de l'île du XVIIe siècle à nos jours. Le soir, tout converge vers La Placita, la place du marché : étals de fruits le jour, bars et musique jusqu'à tard du jeudi au samedi. La Calle Loíza, plus à l'est, enchaîne cafés, comptoirs créatifs et restaurants de cuisine portoricaine revisitée.

Mofongo, piraguas et salsa

Le plat emblématique est le mofongo, banane plantain verte frite puis pilée à l'ail dans un mortier en bois, servi avec crevettes, poulet ou bouillon. Sur la route de Piñones, à l'est de la ville, les kiosques de bord de mer frient alcapurrias et bacalaítos. La nuit appartient à la salsa : les bars de la Calle San Sebastián, dont La Factoría, s'animent tard et les danseurs invitent volontiers les débutants. En janvier, les Fiestas de la Calle San Sebastián transforment le Vieux San Juan en immense fête de rue ; le 23 juin, pour la Noche de San Juan, on se jette à reculons dans la mer à minuit.

Trois excursions à la journée et ce que coûte le séjour

À l'est, El Yunque est la seule forêt tropicale humide du réseau des forêts nationales américaines : la route PR-191 y est gratuite et sans réservation selon le Forest Service. On la combine avec la Laguna Grande de Fajardo, baie bioluminescente à découvrir en kayak de nuit, loin de la pleine lune. De l'autre côté de la baie, la distillerie Bacardí de Cataño se rejoint en bateau depuis le Vieux San Juan. Côté budget, aucun vol direct depuis Paris : comptez de 659 à 941 euros l'aller-retour avec escale. Un lit en auberge revient à une trentaine d'euros, une chambre en 3 étoiles autour de 230 euros, comme dans les grandes villes des États-Unis.

San Juan : les questions des voyageurs

Quelle est la meilleure période pour visiter San Juan ?
De décembre à avril, hors saison des ouragans, avec février et mars parmi les mois les plus secs de la côte nord. C'est aussi la haute saison des croisières et les prix sont au plus haut. Mai et novembre offrent un bon compromis ; septembre est le mois le plus exposé aux cyclones.
Combien de jours faut-il prévoir à San Juan ?
Deux jours suffisent pour le Vieux San Juan, ses deux forts et une soirée à Santurce. Avec trois ou quatre jours, on ajoute la forêt d'El Yunque, la baie bioluminescente de Fajardo, la distillerie de Cataño et du temps sur les plages de Condado ou d'Isla Verde.
Y a-t-il un vol direct entre Paris et San Juan ?
Non, il faut compter au moins une escale, le plus souvent aux États-Unis ou en Europe. Les comparateurs donnent une fourchette habituelle de 659 à 941 euros l'aller-retour, février étant en général le mois le moins cher et août le plus cher.
Peut-on visiter le Vieux San Juan à pied ?
Oui, et c'est la meilleure façon de le découvrir. Le quartier historique est compact, mais ses rues pavées montent et descendent fortement entre la baie et l'Atlantique. Prévoyez de bonnes chaussures, de l'eau et une casquette, et visitez les forts tôt le matin pour éviter la chaleur.
Comment voir la baie bioluminescente depuis San Juan ?
La Laguna Grande de Fajardo, à l'est de l'île, se découvre en kayak de nuit avec un prestataire agréé, la baignade y étant interdite. Réservez à l'avance et choisissez une date éloignée de la pleine lune : le plancton lumineux se voit beaucoup mieux par nuit noire.
Faut-il louer une voiture à San Juan ?
Pas pour la ville : le Vieux San Juan se fait à pied et les quartiers de Condado, Santurce ou Isla Verde se rejoignent en taxi ou en VTC. Une voiture devient utile pour El Yunque et Fajardo, sauf à réserver une excursion guidée au départ de la capitale.
Qu'est-ce que le mofongo ?
C'est le plat national portoricain : de la banane plantain verte frite, pilée avec de l'ail et du gras de porc dans un mortier en bois appelé pilón. On le sert en dôme, souvent garni de crevettes, de poulet ou de viande, parfois arrosé d'un bouillon.
San Juan est-elle touchée par les ouragans ?
Oui. Selon France Diplomatie, Porto Rico est très fréquemment touchée par les dépressions tropicales. La saison court du 1er juin au 30 novembre, avec un pic d'août à octobre. En cas d'alerte, suivez la radio et la télévision locales et souscrivez une assurance annulation adaptée.

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