Le front de mer, réaménagé en promenade sur environ 5 km, relie le port à l'ouest au quartier du Kalamaria à l'est, en passant par la tour Blanche. Jardins thématiques, pistes cyclables et sculptures le jalonnent : à vélo de location, comptez une heure aller-retour sans s'arrêter. La place Aristotelous, ouverte sur la mer, a été dessinée par l'urbaniste français Ernest Hébrard après le grand incendie de 1917 qui détruisit une large part du centre. C'est la porte d'entrée de la deuxième ville de
Grèce, où l'on se retrouve le soir autour de 20 h pour la volta, la promenade rituelle.
Ladadika, l'ancien quartier des marchands d'huile près du port, est devenu le cœur des ouzeries et des tavernes à mezze, très animé à partir de 22 h. À dix minutes de marche, le marché de Kapani aligne étals de poissons, d'olives et d'épices dans des ruelles couvertes, tandis que le marché couvert Modiano, construit dans les années 1920 et rouvert après rénovation, accueille épiceries fines et comptoirs. Venez le matin en semaine pour voir les marchés en activité : beaucoup d'étals ferment le dimanche et l'après-midi.
Autour de 300 apr. J.-C., l'empereur Galère fait de Thessalonique l'une de ses résidences et y bâtit un ensemble monumental dont trois pièces maîtresses subsistent, alignées sur un même axe nord-sud. Son arc triomphal, la Kamara, enjambe aujourd'hui la rue Egnatia, ancienne voie romaine qui traverse toujours la ville. Au nord se dresse la Rotonde, au sud les vestiges du palais, visibles en plein air place Navarinou. Ces trois sites se parcourent en une heure et demie à pied, et le forum romain, au centre, complète la visite.
Épargnée par l'incendie de 1917, la ville haute a gardé ses ruelles en escalier, ses maisons à encorbellement de l'époque ottomane et ses petites églises. Montez par les rues pentues depuis Saint-Démétrios, ou prenez un bus ou un taxi pour la montée et redescendez à pied. Les remparts byzantins y sont les mieux conservés, jusqu'à la forteresse de l'Heptapyrgion. Près de la tour Trigoniou, le point de vue embrasse toute la baie et, par temps clair, le mont Olympe : venez une heure avant le coucher du soleil.
Pendant près de cinq siècles d'administration ottomane, Thessalonique a abrité l'une des plus importantes communautés juives séfarades d'Europe, arrivée après l'expulsion d'Espagne de 1492. La quasi-totalité fut déportée en 1943 vers Auschwitz. Le musée juif, rue Agiou Mina, retrace cette histoire en une heure, et un mémorial de la Shoah se dresse place de la Liberté. L'héritage ottoman reste visible dans les hammams, la mosquée Yeni Djami et la maison natale de Mustafa Kemal Atatürk, voisine du consulat de Turquie, ouverte à la visite.
Thessalonique est réputée la meilleure table de Grèce. Le matin, on y mange la bougatsa, feuilleté fourré de crème à la semoule saupoudré de sucre glace et de cannelle, ou garni de fromage ou de viande, et le koulouri, anneau de pain au sésame vendu dans la rue. Le midi et le soir, les ouzeries servent des mezze à partager : moules, poivrons farcis, sardines grillées, accompagnés d'ouzo ou de tsipouro. Les pâtisseries orientales, héritées des réfugiés d'Asie Mineure arrivés en 1922, méritent un détour. Prévoyez des dîners tardifs, rarement avant 21 h.
À environ une heure de route vers l'ouest, Vergina, l'antique Aigai, abrite sous un tumulus les tombes royales macédoniennes, dont celle attribuée à Philippe II, père d'Alexandre le Grand : un site majeur classé à l'UNESCO, qui mérite une demi-journée. Le mont Olympe, plus haut sommet du pays, se rejoint en un peu plus d'une heure via Litochoro, point de départ des sentiers. Les plages de la péninsule de Chalcidique sont à une heure ou deux selon le doigt choisi. Une voiture de location simplifie ces trois excursions.