Voyage en Ouzbékistan : itinéraire sur la route de la Soie, saisons et conseils
Entre steppes du Kyzylkoum et montagnes du Tian Shan, l'Ouzbékistan garde les plus belles villes caravanières d'Asie centrale. Le train rapide relie désormais Tachkent, Samarcande et Boukhara en quelques heures, et Khiva se rejoint par le rail ou à travers le désert, au fil de bazars, de céramiques et de plov partagé.
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Pourquoi visiter l'Ouzbékistan ?
L'Ouzbékistan réunit plusieurs ensembles inscrits au patrimoine mondial de l'UNESCO, dont les centres historiques de Samarcande, Boukhara, Khiva et Chakhrisabz, sur un itinéraire qui se parcourt en dix à quinze jours. Depuis 2019, les Français y entrent sans visa pour 30 jours, et le train à grande vitesse a rendu l'Asie centrale bien plus accessible qu'auparavant pour un premier voyage en Asie.
Que découvrir en Ouzbékistan ?
Samarcande et la vallée du Zeravchan
Capitale de Tamerlan à la fin du XIVe siècle, Samarcande mérite trois jours pleins. Les médersas du Registan, la nécropole de Shah-i-Zinda, le mausolée de Gour-Emir et la mosquée Bibi-Khanym se visitent à pied, de préférence tôt le matin ou en fin d'après-midi pour la lumière. Le train Afrosiyob relie Tachkent en un peu plus de deux heures. La ville est aussi un point de passage vers le Tadjikistan voisin, dont la frontière se trouve à une heure de route en direction de Pendjikent. Une demi-journée suffit pour l'ancien site d'Afrassiab et l'observatoire d'Ouloug Beg.
Boukhara, la ville-musée
Plus intime que Samarcande, Boukhara a conservé un centre historique cohérent de mosquées, médersas et coupoles marchandes, autour du bassin de Lyab-i-Haouz. Deux à trois nuits permettent de flâner entre l'ensemble Po-i-Kalon, la citadelle de l'Ark et le mausolée des Samanides, l'un des plus anciens monuments islamiques d'Asie centrale. Le train rapide la relie à Samarcande en moins de deux heures. Dormez dans une maison d'hôtes du centre ancien : le soir, une fois les groupes partis, les ruelles retrouvent un calme rare.
Khiva et le Khorezm
Enfermée dans ses remparts de terre crue, la ville intérieure d'Itchan Kala fut le premier site ouzbek inscrit à l'UNESCO, en 1990. Elle se parcourt en une journée, mais une nuit sur place permet de la voir vide à l'aube et au coucher du soleil depuis les remparts. Khiva est à environ 450 kilomètres de Boukhara : comptez six à sept heures de route à travers le désert du Kyzylkoum, ou le train jusqu'à la gare de Khiva. Autour, les forteresses du Khorezm antique, comme Ayaz-Kala, se visitent en une excursion d'une journée.
Tachkent, la capitale moderne
Reconstruite en grande partie après le séisme de 1966, Tachkent est la porte d'entrée aérienne du pays et sa capitale. Une à deux journées suffisent pour le bazar de Tchorsou, l'ensemble religieux de Khast-Imam, qui conserve un Coran ancien du VIIe siècle, et les stations décorées du métro. C'est aussi la base pour rejoindre le Kazakhstan voisin, dont la frontière se trouve à une vingtaine de kilomètres du centre, ou les montagnes de Tchimgan, à environ deux heures de route, pour une journée de randonnée en été.
La vallée de Ferghana, berceau de l'artisanat
Séparée de Tachkent par le col de Kamchik, la vallée fertile de Ferghana se rejoint en environ cinq heures de route ou en train. On y vient pour l'artisanat vivant : les ateliers de soie ikat de Margilan, la céramique bleue de Rishtan et le grand bazar de Kokand, ancienne capitale d'un khanat. Trois jours permettent une boucle complète. La vallée s'ouvre à l'est sur le Kirghizistan, dont la ville d'Och se trouve à quelques kilomètres du poste-frontière de Dostlik.
Le Karakalpakstan et la mer d'Aral
À l'ouest de Khiva, la république autonome du Karakalpakstan a pour capitale Noukous, où le musée Savitsky abrite une importante collection d'avant-garde soviétique interdite à l'époque. À Moynaq, à environ trois heures de route, des carcasses de bateaux échoués témoignent de l'assèchement de la mer d'Aral, dont le rivage actuel se trouve désormais à des dizaines de kilomètres. Atteindre l'eau demande une expédition de deux jours en 4x4 avec nuit en yourte. Une seule journée depuis Noukous suffit pour Moynaq et son cimetière de bateaux.
Chakhrisabz et le sud du pays
Ville natale de Tamerlan, Chakhrisabz se trouve à environ deux heures de route de Samarcande par le col de Takhtakaratcha, et se visite en une journée : ruines monumentales du palais Ak-Saraï, mosquées et mausolées. Plus au sud, Termez conserve des vestiges bouddhiques des premiers siècles de notre ère. France Diplomatie déconseille cependant la bande frontalière avec l'Afghanistan, qui longe cette région : renseignez-vous avant de vous y rendre et privilégiez les sites de la ville elle-même plutôt que les zones proches de l'Amou-Daria.
Villes à visiter en Ouzbékistan
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À ne pas manquer en Ouzbékistan
Dix sites qui résument la route de la Soie ouzbèke, de Samarcande à la mer d'Aral.
Place du Registan
Trois médersas monumentales aux façades couvertes de céramique se faisant face à Samarcande, à voir de jour puis illuminées le soir.
Nécropole de Shah-i-Zinda
Allée de mausolées aux carreaux bleus et turquoise à Samarcande, l'un des ensembles de céramique les plus fins de toute l'Asie centrale.
Mausolée de Gour-Emir
Tombeau de Tamerlan à Samarcande, coiffé d'une coupole côtelée turquoise et à l'intérieur doré, modèle des mausolées moghols ultérieurs.
Minaret Kalon
Tour de briques ouvragées du XIIe siècle haute d'une cinquantaine de mètres, symbole de Boukhara, épargnée selon la tradition par Gengis Khan.
Bassin de Lyab-i-Haouz
Place ombragée autour d'un bassin du XVIIe siècle, cœur social de Boukhara où l'on boit le thé face à la médersa Nadir Divan-Beghi.
Itchan Kala
Ville intérieure fortifiée de Khiva, ceinturée de murailles en terre crue et hérissée de minarets, dont le Kalta Minor resté inachevé et carrelé de bleu.
Métro de Tachkent
Réseau inauguré en 1977 dont les stations ornées de lustres, mosaïques et marbres peuvent être photographiées librement depuis 2018.
Musée Savitsky
Musée d'art de Noukous réunissant des milliers d'œuvres de l'avant-garde soviétique sauvées de la censure par le collectionneur Igor Savitsky.
Palais Ak-Saraï
Vestiges colossaux du portail du palais d'été de Tamerlan à Chakhrisabz, encore couverts de mosaïques bleues et blanches.
Cimetière de bateaux de Moynaq
Coques rouillées échouées dans le sable, à des dizaines de kilomètres du rivage actuel, rappel saisissant de la disparition de la mer d'Aral.
Questions fréquentes
Combien de temps dure le trajet Tachkent-Samarcande en train Afrosiyob ?
Un peu plus de deux heures pour environ 300 kilomètres, contre quatre à cinq heures par la route. Plusieurs départs quotidiens existent, et certains prolongent jusqu'à Boukhara, à environ quatre heures de Tachkent au total. Réservez tôt, car la classe économique part en premier.
Faut-il garder les fiches d'enregistrement d'hôtel en Ouzbékistan ?
Oui. Chaque hébergement agréé enregistre votre passage auprès des autorités, sous forme électronique ou de petit justificatif papier. Conservez-les jusqu'au départ : un contrôle reste possible à la frontière, et des nuits non enregistrées, par exemple en camping ou chez l'habitant non déclaré, peuvent poser problème.
Combien de jours prévoir pour Samarcande, Boukhara et Khiva ?
Dix jours forment un bon minimum : deux pour Tachkent, trois pour Samarcande, trois pour Boukhara et deux pour Khiva, en comptant le long trajet à travers le désert. Avec quinze jours, ajoutez Chakhrisabz, la vallée de Ferghana ou une excursion vers la mer d'Aral depuis Noukous.
Comment aller de Boukhara à Khiva ?
Par la route, comptez six à sept heures pour environ 450 kilomètres à travers le désert du Kyzylkoum, en taxi partagé ou avec chauffeur, avec une pause au bord de l'Amou-Daria. Le train relie aussi les deux villes, en un temps similaire mais plus confortable : vérifiez les horaires, les fréquences restant limitées.
Peut-on prendre des photos dans le métro de Tachkent ?
Oui, depuis 2018. Longtemps interdite car le métro servait aussi d'abri antiatomique, la photographie y est désormais autorisée. Les stations les plus décorées, comme Kosmonavtlar ou Alisher Navoï, se visitent avec un seul ticket en changeant de ligne sans sortir du réseau.
Peut-on voir la mer d'Aral en une journée depuis Noukous ?
Non, seulement l'ancien port de Moynaq et son cimetière de bateaux, à environ trois heures de route. Le rivage actuel de la mer se trouve beaucoup plus loin, sur le plateau d'Oustiourt : il faut prévoir une expédition de deux jours en 4x4 avec un chauffeur expérimenté et une nuit en campement de yourtes.
Les cartes bancaires fonctionnent-elles en Ouzbékistan ?
Les cartes Visa et Mastercard sont de mieux en mieux acceptées dans les hôtels, restaurants et magasins des grandes villes, et les distributeurs se multiplient. Les bazars, taxis et petits restaurants fonctionnent cependant en espèces, surtout à Khiva et dans la vallée de Ferghana : retirez avant de quitter Tachkent ou Samarcande.
Que rapporter de Rishtan et Margilan ?
À Rishtan, la céramique peinte de motifs bleus et verts, fabriquée dans des ateliers familiaux où l'on peut voir tourner et émailler les pièces. À Margilan, les tissus ikat en soie ou en mélange soie-coton, tissés à la main à l'usine Yodgorlik, qui se visite et vend directement sa production.
Faut-il un billet pour entrer sur la place du Registan ?
La place elle-même se voit librement depuis la promenade qui la borde, mais l'accès aux cours et à l'intérieur des trois médersas demande un billet payant, en vente sur place. Le soir, l'ensemble est illuminé et gratuit à contempler depuis l'extérieur, ce qui justifie un second passage.
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