Voyage en Roumanie : itinéraires, régions et quand partir

Des boulevards de Bucarest aux bourgs fortifiés de Transylvanie, des fresques extérieures de Bucovine aux églises en bois du Maramureș, la Roumanie déroule l'arc des Carpates, ses routes de montagne spectaculaires et, à l'est, le delta du Danube où les canaux remplacent les routes.

Pourquoi partir en Roumanie ?

La Roumanie, pays latinophone d'environ 19 millions d'habitants, concentre plusieurs sites UNESCO : centre historique de Sighișoara, églises fortifiées de Transylvanie, monastères peints de Bucovine, églises en bois du Maramureș et delta du Danube. Membre de l'Union européenne et pleinement intégrée à l'espace Schengen depuis janvier 2025, elle reste l'une des destinations les moins chères d'Europe.

Que découvrir en Roumanie ?

Bucarest, capitale aux deux visages

Deux jours suffisent pour saisir la capitale : la vieille ville de Lipscani et ses passages couverts, l'avenue de la Victoire bordée de palais Belle Époque, puis le gigantisme de l'ère Ceaușescu autour du palais du Parlement, qui se visite uniquement en visite guidée sur présentation d'une pièce d'identité. Le musée du Village, en plein air au bord du lac Herăstrău, offre un bon aperçu des maisons rurales du pays avant de partir vers les régions. L'aéroport Henri-Coandă est à environ 40 minutes du centre.

La Transylvanie et ses bourgs saxons

Cœur touristique du pays, la Transylvanie mérite au moins quatre à cinq jours. Brașov, à environ trois heures de train de Bucarest, sert de base pour le château de Bran, à une trentaine de kilomètres, et la citadelle de Râșnov. Sighișoara, maison natale supposée de Vlad l'Empaleur, garde une cité haute classée à l'UNESCO, et Sibiu aligne ses places en enfilade. Entre ces villes, les églises fortifiées saxonnes comme Biertan ponctuent les villages. Plus à l'ouest, Cluj-Napoca, ville étudiante, ouvre vers la mine de sel de Turda.

Les Carpates et les routes d'altitude

Le Transfăgărășan franchit les monts Făgăraș jusqu'au lac Bâlea, vers 2 000 mètres : il n'est en principe ouvert à la circulation que de juillet à fin octobre, selon l'enneigement. Plus au sud-ouest, la Transalpina grimpe encore plus haut. Au pied des Bucegi, Sinaia abrite le château de Peleș, ancienne résidence royale. Les Carpates comptent une importante population d'ours bruns : ne nourrissez jamais ceux qui s'approchent des routes et rangez la nourriture en randonnée. Pour une montagne plus douce et plus urbaine, l'Autriche ou la Slovaquie offrent un autre registre alpin.

La Bucovine et ses monastères peints

Au nord-est, autour de Suceava, une poignée de monastères du XVe et du XVIe siècle portent des fresques sur leurs murs extérieurs : Voroneț et son bleu célèbre, Sucevița, Moldovița, Humor. Ils sont classés à l'UNESCO et toujours habités par des communautés religieuses : épaules et jambes couvertes, foulard parfois demandé aux femmes. Comptez deux jours en voiture pour les relier sans courir, les distances entre eux étant de 20 à 50 kilomètres sur des routes de campagne. Suceava est reliée à Bucarest par train et par avion.

Le Maramureș, terre de bois

Région la plus septentrionale, collée à la frontière ukrainienne, le Maramureș conserve des églises en bois aux clochers effilés, dont huit sont classées à l'UNESCO, et de hauts portails sculptés devant les fermes. Le cimetière joyeux de Săpânța, aux croix bleues peintes d'épitaphes humoristiques, est l'arrêt le plus connu. Le train à vapeur forestier Mocănița remonte la vallée de la Vaser depuis Vișeu de Sus, d'avril à octobre. Prévoyez deux ou trois jours : les routes sont lentes et les villages s'apprécient en dormant chez l'habitant.

Le delta du Danube

Avant de se jeter dans la mer Noire, le Danube forme l'un des plus grands deltas d'Europe, réserve de biosphère où nichent pélicans, hérons et cormorans. Depuis Tulcea, la porte d'entrée, on rejoint Sulina, Crișan ou Mila 23 uniquement en bateau, en quelques heures. Mai, juin et septembre sont les meilleurs mois pour l'observation des oiseaux, juillet et août apportant chaleur et moustiques. Un permis d'accès à la réserve est requis, généralement inclus dans les excursions. Le bras nord du delta borde l'Ukraine : consultez les conseils de France Diplomatie avant de partir.

La Dobroudja et la côte de la mer Noire

La côte roumaine s'étire sur environ 250 kilomètres au sud du delta. Constanța, l'antique Tomis, garde un casino Art nouveau et un musée d'archéologie, tandis que Mamaia aligne hôtels et plages bondées en juillet et en août. Au sud, Vama Veche, près de la frontière avec la Bulgarie, attire une clientèle plus bohème. La saison balnéaire est courte, de mi-juin à début septembre : en dehors, la côte se vide. Un ou deux jours suffisent si la mer n'est pas l'objet principal du voyage.

Villes à visiter en Roumanie

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Les incontournables de Roumanie

Dix sites qui justifient à eux seuls le voyage, de la capitale aux confins du delta.

Palais du Parlement

Bâtiment administratif colossal voulu par Ceaușescu à Bucarest, visitable seulement en visite guidée réservée, avec une pièce d'identité à présenter à l'entrée.

Château de Peleș

Ancienne résidence royale néo-Renaissance de Sinaia, aux intérieurs richement boisés, nichée dans une forêt au pied des monts Bucegi.

Château de Bran

Forteresse médiévale près de Brașov associée à la légende de Dracula, très fréquentée l'été : venez à l'ouverture pour éviter la foule.

Cité haute de Sighișoara

Citadelle habitée aux ruelles pavées, dominée par sa tour de l'Horloge et classée à l'UNESCO, à découvrir de préférence tôt le matin.

Église fortifiée de Biertan

Église saxonne entourée de trois enceintes sur une colline, l'une des plus impressionnantes des villages fortifiés de Transylvanie.

Monastère de Voroneț

Surnommé la chapelle Sixtine de l'Orient, il porte sur sa façade ouest un Jugement dernier peint dans un bleu intense devenu emblématique.

Cimetière joyeux de Săpânța

Croix de bois bleues sculptées et peintes d'épitaphes humoristiques racontant la vie des défunts, dans un village du Maramureș.

Mine de sel de Turda

Ancienne mine reconvertie près de Cluj-Napoca, avec grande roue, barques sur un lac souterrain et galeries creusées sur plusieurs siècles.

Lac Bâlea

Lac glaciaire perché au sommet du Transfăgărășan, accessible en voiture l'été et par téléphérique en hiver depuis Bâlea Cascadă.

Village de Mila 23

Hameau de pêcheurs lipovènes au cœur du delta du Danube, accessible uniquement par bateau et entouré de canaux peuplés d'oiseaux.

Questions fréquentes

Combien de jours faut-il pour la Transylvanie ?
Comptez quatre à cinq jours pour Brașov, Bran, Sighișoara et Sibiu sans courir, une semaine si vous ajoutez les églises fortifiées, Cluj-Napoca et la mine de Turda. Un circuit complet incluant la Bucovine et le Maramureș demande plutôt dix à quatorze jours, idéalement avec une voiture de location.
Le château de Bran est-il vraiment le château de Dracula ?
Pas vraiment. Le personnage de Bram Stoker est fictif, et rien n'indique que Vlad l'Empaleur, dont il s'inspire en partie, ait résidé à Bran. Le château doit sa réputation à son allure qui colle au roman. L'intérieur expose surtout le mobilier de la reine Marie, qui y vécut au XXe siècle.
Quand peut-on rouler sur le Transfăgărășan ?
En général du 1er juillet à fin octobre, les dates exactes dépendant de la neige et pouvant être décalées. Le reste de l'année, la partie haute est fermée, mais un téléphérique monte de Bâlea Cascadă au lac Bâlea, où un hôtel de glace est construit certains hivers. Partez tôt le matin l'été pour éviter les embouteillages.
Peut-on se baigner dans le delta du Danube ?
Oui, notamment sur les plages de Sulina et de Sfântu Gheorghe, à l'endroit où le fleuve rejoint la mer Noire. Ces plages sauvages ne sont accessibles qu'en bateau depuis Tulcea. Dans les canaux eux-mêmes, la baignade est déconseillée à cause des courants et de la circulation des embarcations.
La Roumanie est-elle dangereuse à cause des ours ?
Les attaques restent rares, mais la population d'ours bruns est importante et certains animaux se sont habitués aux déchets humains, notamment autour de Brașov et sur le Transfăgărășan. Restez dans la voiture, ne les nourrissez pas, faites du bruit en randonnée et suivez les consignes des refuges.
Faut-il louer une voiture pour visiter la Roumanie ?
Pour la Bucovine, le Maramureș et les villages saxons, oui : les transports y sont rares et lents. Entre Bucarest, Brașov, Sibiu et Cluj, le train et les bus suffisent. Pensez à acheter la vignette rovinietă si le loueur ne l'a pas fait, et prévoyez des temps de trajet supérieurs à ceux des GPS.
Peut-on combiner la Roumanie avec un pays voisin ?
Oui, la Hongrie se rejoint facilement depuis Timișoara ou Oradea, et Budapest est à quelques heures de route de la Transylvanie occidentale. Au sud, Ruse en Bulgarie se trouve juste de l'autre côté du Danube depuis Giurgiu, à environ une heure et demie de Bucarest.
Quelle tenue pour visiter les monastères de Bucovine ?
Les épaules et les genoux doivent être couverts, et les femmes peuvent être invitées à porter une jupe et un foulard, souvent prêtés à l'entrée. Ces monastères sont des lieux de culte actifs : photos parfois interdites à l'intérieur des églises, silence demandé pendant les offices.
Que goûter en Roumanie ?
Les sarmale, feuilles de chou farcies servies avec de la crème, la ciorbă, soupe aigre déclinée en de nombreuses versions, la mămăligă, polenta accompagnant fromage et crème, et les papanași, beignets au fromage frais nappés de confiture. La țuică, eau-de-vie de prune, est souvent offerte chez l'habitant.

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