Les deux tiers de la population vivent dans le Grand Noumea. La ville s'organise autour de la place des Cocotiers et du marche de Port Moselle, tenu tous les matins, et s'etire jusqu'aux plages de la baie des Citrons et de l'Anse Vata, tournees vers le lagon. Le centre culturel Tjibaou, dessine par Renzo Piano avec ses grandes cases de bois, presente la culture kanak et sert de point de repere. L'Aquarium des lagons et le parc zoologique et forestier completent une premiere journee, avant de rejoindre le reste de la Grande Terre ou les iles, la ville n'etant qu'une porte d'entree.
Au sud de Noumea, le paysage vire au rouge : la terre laterite, riche en nickel, porte un maquis minier endemique, herisse de plantes qu'on ne trouve nulle part ailleurs. Le parc provincial de la Riviere Bleue protege une foret humide, un lac de barrage a la foret noyee et le Grand Kaori, arbre millenaire de 40 metres. La baie de Prony, ancien site penitentiaire, se decouvre en kayak, avec ses sources chaudes sous-marines et sa cheminee de calcaire. De juillet a septembre, les baleines a bosse remontent dans le lagon sud pour mettre bas.
La cote sous le vent est seche, vallonnee et vouee a l'elevage : c'est le pays des stockmen et des grandes proprietes, avec des paysages de savane a niaoulis qui rappellent parfois l'Australie. Bourail en est le centre : la Roche Percee et le Bonhomme, arche et aiguille de gres au bord de l'ocean, la baie des Tortues ou pondent les tortues grosses tetes de novembre a mars, et un musee sur l'histoire du bagne et de la colonisation. Plus au nord, Kone et la province Nord, longtemps a l'ecart, s'ouvrent doucement au tourisme.
Passe le col des Roussettes, la cote au vent change de monde : plus verte, plus arrosee, plus rurale, elle est majoritairement kanak et vit au rythme des tribus. On y dort en gite tribal, on partage un repas, on respecte la coutume. Hienghene concentre les images fortes : la Poule couveuse et les tours de Lindericlique, rochers noirs sculptes par l'erosion, et un lagon accessible depuis la plage. Poindimie sert de base pour la plongee sur le recif, et la route serpente entre cocoteraies, cases et cascades comme celles de Tao.
A vingt-cinq minutes d'avion de Noumea, l'ile des Pins, que les Kanak appellent Kunie, est souvent citee comme l'une des plus belles iles du Pacifique. La piscine naturelle d'Oro, bassin turquoise relie a l'ocean par un chenal peu profond, se rejoint a pied a travers la foret ; les baies de Kuto et de Kanumera, separees par un isthme, alignent un sable blanc eblouissant et des pins colonnaires qui montent a 20 metres. Les pirogues traditionnelles a voile de la baie de Saint-Joseph, la grotte de la Reine Hortense et les vestiges du bagne completent le tour de l'ile.
Lifou, Mare et Ouvea forment un archipel de plateaux coralliens souleves, sans montagne, avec une eau d'une clarte extreme. Lifou, la plus grande, se distingue par les falaises de Jokin et la baie de Jinek, minuscule et parfaite pour le snorkeling, et par sa vanille. Ouvea deroule une plage de sable blanc de 25 kilometres, le pont de Mouli sur un chenal ou nagent les raies, et le trou bleu d'Hanawa. Mare, plus discrete, garde des grottes, des falaises et le trou de Bone. Chaque ile a ses chefferies et son accueil coutumier.
Le lagon de Nouvelle-Caledonie, inscrit au patrimoine mondial, s'etend sur 24 000 kilometres carres, ceint par la deuxieme plus longue barriere de corail du monde apres celle d'Australie. On le decouvre en bateau vers l'ilot Amedee et son phare, en plongee sur les passes et les tombants, ou en kitesurf sur les baies de Noumea. La faune y est dense : tortues vertes, raies, requins de recif, et un lamantin d'eau salee, le dugong, encore present. Hors du lagon, prudence : courants, requins bouledogues pres des embouchures et tricots rayes, serpents marins peu agressifs mais tres venimeux.